Pensum
Il a été journal de bord, dans la folie des mots, griffonnés le temps de ma dépendance.
Il a été pensum, bénéfique et constructeur, pendant mon sevrage perturbateur.
Il est aujourd'hui recueil, intimiste délicatement posé sur le papier, après ma guérison salvatrice.
Quelques cris ? Quelques rancœurs ?
Peut-être.
Quelques regrets, surtout.
Mais l'écriture m'apporte tant de joies et de chagrins mêlés, mais c'est un vrai bonheur que de pouvoir me raconter, enfin.
Je ne peux faire autrement pour évacuer cette douleur qui me suit depuis toujours et que je n'ai jamais compris.
Cris de colères, de peurs engendrées, de blessures ouvertes, poussés le jour de ma naissance, pour dire :
— Ecoutez, regardez ce que vous allez faire de moi.
Cris de joie aujourd'hui, aux défis gagnés, pour vous dire :
— Lisez et apprenez ce que vous avez fait de moi.
Aujourd'hui, je peux dire :
— Je sais qu'on ne sait jamais. La vie, l'amour, l'argent et les roses, on ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses, c'est tout c'que j'sais ! Mais ça j'le sais...
Jean Gabin













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